Margot, République du Chiffon

La chemise, typiquement le genre de vêtements que je n’achetais jamais dans le prêt à porter. Et c’est bien la couture qui m’a amenée à découvrir les multiples facettes de ce vêtement, et surtout à en porter. La couture nous ouvre des fenêtres, nous permet de porter des choses dont on n’a pas l’habitude, elle bouscule tout nos codes, et c’est vraiment ce qu’il s’est passé pour moi, avec la chemise Margot.

Le début d’une collection

Souvenez-vous… Margot, un des tout premiers patrons que nous proposait République du Chiffon. Il nous faut revenir un octobre 2013…. RdC se lançait à petits pas, et proposait la chemise Margot avec le pantalon Gilbert. Et bien, je me sens un peu désemparée et même carrément honteuse d’avoir attendue presque 4 ans à réaliser cette chemise qui m’avait plu dès sa sortie. Dieu que le temps passe vite !

Comme c’est un des premiers patrons, le format n’est pas exactement le même que celui qu’offre RdC à l’heure actuelle : le livret d’explication est au format A5, les schémas d’explications sont manuels et les explications brèves mais efficaces. La planche de patron est « artisanale » : le tracé est manuel et les pièces se superposent beaucoup pour avoir à imprimer le moins de pages possibles.

République du Chiffon a bien grandi depuis et sa collection de patrons s’est bien étoffée, mais revenir à ses premiers amours, n’est ce pas la plus belle des déclarations ?

Et puis, on peut dire que je l’ai sauvé Margot, car elle a failli passer à la trappe et ne jamais exister… serait ce une malédiction ?

Je projetais de réaliser une chemise, mais ça n’était pas le patron prévu au départ. Au hasard de mes recherches, je suis retombée sur Margot, et me suis rendue compte que le patron avait été déjà imprimé, scotché et même décalqué en taille 46. Tout était déjà prêt. J’avais donc prévu dès sa sortie de la coudre, mais je m’étais arrêté net, et ce, sans en avoir le moindre souvenir… (Alzheimer me guette là !)

Peut être avais je été intimidée par toutes les détails d’une chemise ? Peut être étais je découragée avant même de la commencer ?  Ou alors, peut être me disais je que coudre une chemise finalement me serait bien inutile, puisque je n’en portais pas… ?

Quoi qu’il en soit, Margot ne vit jamais le jour à ce moment là, alors on peut dire qu’elle renaît de ses cendres aujourd’hui.

Prise dans mon élan avec le patron prêt à l’emploi, je me suis bêtement lancée en oubliant un détail majeur : rajouter les 5 cm de plus par rapport à la stature de RdC. Je me serais foutue des claques, nan mais sérieux. Je crois que j’étais tellement contente de me dire : « tiens le patron est déjà prêt, j’ai plus qu’à découper le tissu » que c’était tout cuit pour moi ! Et puis souvent, l’étape du décalquage est certes, une étape chiante au possible, mais ça n’est pas là où je veux en venir… Lorsque je décalque mon patron, c’est l’occasion pour moi justement de réfléchir à tout ses petits détails de type morphologique, de me rendre compte des emmanchures si elles sont plutôt étroites, des pinces si elles me paraissent trop basses ou encore de la longueur si elle me parait un peu juste. C’est le moment/l’instant où tout se joue pour moi ! Et si je n’y pense pas maintenant, et bien c’est carrément foutu après !

Donc là, avec un patron déjà assemblé mais pas encore cousu, et bien ce qui devait arriver arriva : Margot était trop courte. Juste un poil trop courte.

Le sauvetage inespéré

Alors je vais être honnête avec vous, deux idées me sont passer par la tête à ce moment là :

  • La jeter de rage tout de suite, et oublier. Oublier, et noyer mon chagrin dans un verre de rosé.
  • La proposer en adoption à l’une d’entre vous.

La 2ème proposition m’a beaucoup séduite. Comment vous dire, je m’étais tellement appliquée quoi !

J’avais découpé avec soin toutes les petites pétales, doublé avec le thermocollant parfaitement adapté, réalisé les boutonnières avec succès, fait des surpiqûres aussi jolies sur l’endroit que sur l’envers (et pourtant, je sais parfaitement que ça ne m’arrive JA-MAIS parce que je finis toujours à la main pour les envers), monté les manches d’une main de maître, et parfaitement réalisé les fentes indéchirables de poignets. A l’essayage final, j’ai eu beau faire un mini ourlet pour grappiller quelques millimètres, ce ne fut pas suffisant. J’étais désespérée. Mais après réflexion, je m’étais faite à l’idée de m’en séparer et de l’offrir à quelqu’une d’entre vous.

Mais ça, c’était avant.

Avant de recevoir via mon compte Instagram, des dizaines d’encouragements, de solutions pour remédier à ce problème, ou de soutiens dans cette difficile épreuve où l’on a juste envie de tout jeter par la fenêtre. Sincèrement, ça m’a boosté mon petit coeur de couturière, et j’ai eu envie de sauver Margot par n’importe quel moyen. Je me suis littéralement creusée les méninges, car je n’arrivais pas à avoir les idées claires, et c’est finalement en ayant eu la vision d’un modèle existant que j’ai trouvé la solution. C’est la robe Helmi de Named qui m’a inspiré – elle a une patte de boutonnage cachée comme Margot et cela m’a aidé à croire que cette solution allait réussir (puisque j’avais un exemple parfait sous la main). Pas besoin de me lancer à créer cette basque de toute pièce vu que j’avais ce modèle dans ma patronthèque en plus !!! Donc j’ai décalqué la basque arrondie du modèle Helmi en taille 46 en réduisant la longueur pour l’adapter à une longueur chemise.

Et vous savez quoi ?

Je n’ai eu à faire aucun raccord. J’ai coupé ma chemise Margot à 15 cm du bas, sans état d’âme (bon si un petit peu quand même !). J’ai assemblé mes bas devant et dos par les côtés, et j’ai épinglé à ma chemise Margot en faisant correspondre les coutures de côté. Et je n’ai pas eu à reprendre quoi que ce soit, cela tombait parfaitement ! Le Dieu de la couture était avec moi !!!!

Je ne peux vous décrire ma fierté et mon immense satisfaction d’avoir pu mener à bien ce projet qui était voué à l’échec. Ma Margot n’est peut être pas conforme à l’original, mais elle a vécu, elle a une histoire à raconter, et bordel qu’est ce que je suis contente de lui avoir laissé sa chance !

Je vous disais en intro que Margot, c’était les débuts de République du Chiffon, et bien je peux vous dire haut et fort, que ce patron mérite amplement une réédition ! Le style du vêtement, rien qu’à lui seul mérite sa petite pochette, et je trouve que c’est un patron emblématique de la marque (tout comme l’est la blouse Marthe, ou encore le manteau Gérard), alors j’espère de tout coeur que mon appel sera entendu pour redonner à Margot toute sa splendeur des débuts ❤

Patron Fournitures
Margot, République du Chiffon
8 € en format PDF
1m50 de voile de coton blanc à petit pois gris, marché St Michel
7 boutons blanc et thermocollant pour les pétales, le col et les poignets de manches
Présentation ♥    ♥    ♥    ♥    ♥
Clarté des explications ♥    ♥    ♥    ♥    ♥
Facilité de réalisation ♥    ♥    ♥    ♥    ♥
Coupe du vêtement ♥    ♥    ♥    ♥    ♥
Points forts Points faibles
Peu de feuilles à assembler pour ce fichier PDF
Coupe moderne, et détails féminins
Le fichier PDF mériterait une réédition pour valoriser ce modèle emblématique de la marque
Technique Patte de boutonnage cachée, col pétale avec pied de col, fente indéchirable aux poignets de manches, des petits points croustillants mais pas insurmontables 😉
 A refaire ? Oh que oui ! Et cette fois ci en la rallongeant de 5 cm !

Cette Margot m’aura au moins appris que les étourderies ne sont pas réservées qu’aux débutantes – enfin, moi je le sais bien, c’était pour vous rassurer à vous aussi ! Vous, qui débutez dans ce monde merveilleux de la couture, qui avez envie de coudre, coudre, coudre en mode boulimie, mais qui êtes découragées par des problèmes de fit, de choix de tissu, ou de finitions moyennes, n’abandonnez pas, jamais. Laissez vous le temps de la réflexion, et trouvez la solution, celle qui valorisera votre travail, celle qui vous apportera une expérience enrichissante, celle qui vous apportera la sérénité, celle qui vous permettra de dire : je suis fière de mon vêtement, même s’il n’est pas parfait et même s’il m’en a fait bavé…

Je vous embrasse

 

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29 thoughts on “Margot, République du Chiffon

  1. Bravo Clotilde pour ta ténacité !!! Pour ma part chaque couture est « un combat » car les tailles classiques ne me vont pas et je dois constamment reprendre pour adapter à ma morphologie! Mais quel plaisir lorsque on arrive au bout de chaque réalisations!!👏👏👏👍👍👍🤗🤗🤗

  2. Si j’étais RDC, je t’exaucerais en rééditant le patron mais j’en profiterais pour lui ajouter une basque comme la tienne. Ce truc réalise pleinement le potentiel du patron! Moi, je préfère ta version : beaucoup moins stricte, plus féminine et plus flatteuse pour la silhouette. Top!

  3. Un bel exemple de réussite car oui pour réussir il faut passer par des moments difficiles, et c’est tout le secret du succès!!! Ta chemise est superbe comme ça, j’adore ce col pétale qui lui fait tout son charme et cette bande de boutonnage cachée qui se termine façon liquette. Normalement j’ai en projet de coudre moi aussi ma première chemise mais ma machine va bientôt rejoindre la pile des cartons de déménagement!!! Délivrée, libérée!!!! Ce sera l’un de mes premiers projets dans notre nouvel maison, loin d’ici!!!! Cela a mis beaucoup de temps mais on a enfin vendu la maison et on signe fin mai !!! Bonne fin de semaine!!!

  4. C’est une belle leçon cette chemise !!! C’est vrai que l’étourderie en couture, c’est quelque chose qui existe à n’importe quel niveau … et parfois, ça créée de belles pièces inattendue !!! C’est exactement le cas ici !!! Cette Margot est géniale !!! Tu as vraiment bien rattrapé cette chemise !!! Bravo !!!

    1. Et encore… cette fois ci c’est rattrapage.
      Je viens de coudre un pantalon ENZO et j’ai une bourde monumentale… deux fois de suite… Et cette fois ci c’est mort !

  5. Sauvetage réussi!!! Bravo! je ne sais pas si j’aurai eu l’idée de procéder de cette façon. Et comme toujours, je bave devant tes tissus 😮 .

  6. Je dis juste « magique »! La magie de la couture, du modèle superbement bien ré-interpreté et du tissu qui est juste à tomber pour ce modèle!
    bravo

  7. j’adore !!! certes ce n’est pas la chemise que ça aurait dû être, mais j’aime beaucoup le rendu final.

    ça me donne d’ailleurs des idées pour ma capsule…. 😉

    au fait, j’ai pas répondu dans mon commentaire sur ton dernier article de la capsule : oui je mets très souvent les habits que j’ai cousu pour les 2ers mois ! (pas le 3eme car à manches courtes…mais ça ne va pas tarder 😉 ).

    1. J’aime bien savoir qu’on s’inspire pour nos capsules !!! En tout cas il faut tenir le coup..; A la fin de l’année, il y aura des petits trucs à gagner… voire même des gros lots !!!

  8. Bravo pour ce sauvetage de toute beauté ! Ce projet t’a donné beaucoup d’émotions, je suis sure que tu porteras cette chemise avec un petit coup au coeur à chaque fois tellement elle revient de loin.
    Moi aussi, je me suis mis à coudre des chemises alors que je n’en portais jamais, avant. Mais celle-ci je ne la coudrai pas, je ne peux tout simplement pas porter une chemise fermée jusqu’en haut, j’ai l’impression d’être étranglée. Et ouvert, ce joli col perdrait tout son charme.

    1. Portée Margot le col ouvert, cela a moins de charme on est d’accord… Je n’aime pas non plus les trucs trop fermés en haut, mais c’est bien une des rares fois où cela ne me dérange pas…!

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